Abigor chevauchait une créature ressemblant à un équidé, la crinière flamboyante. Il leva au ciel de la main gauche son épée imposante. Tout s’assombrit à une allure folle, les larbins du grand duc
s’agitèrent, les plus grands d’entre eux frappaient du poing au sol.
Le maître de guerre fit tourner son arme et l’arrêta tête en bas. Il fit un pentagramme de lumière de la main droite et enfonça son épée profondément en terre.
Le sol se mit à gronder à nouveau, bien plus puissant que précédemment. Des gerbes de flammes de plusieurs mètres de haut jaillirent. Le démon retira sa lame et la brandit bien haut, s’en suivit un
cri d’une tonalité abyssale qui fit rugir son armée.
« On est vraiment, mais alors vraiment dans la merde Styx ! Je crois qu’on ferait mieux de se rendre ; notre punition en bas serait bien plus douce que le sort que celui là nous réserve. »
S’exclama Zeky.
« A part ça, le plan de monsieur était infaillible, hum ?
- T’avoueras que la réaction des autorités par rapport à l’évasion de démon de notre rang est quelque peu exagérée. Je te dis qu’il y a bien pire que ça. Tu ne crois pas Mae ?
»
L’interrogation de Zeky resta en suspend. Maelys était préoccupée, elle fouillait partout autour d’elle.
« Mae, tu me réponds oui ?! Mais qu’est ce que tu fiches, ont est dans les ennuis jusqu’au cou et toi tout ce que tu penses à faire c’est des fouilles ? »
La fillette fit signe de se taire au petit démon et repris ses recherches. Elle sorti de la pièce qui leurs servait de cachette.
Zeky se tourna vers Styx lui demandant d’un hochement de tête si il comprenait ce qu’il se tramait.
« Je ne sais pas, mais par contre là je crois qu’il serait judicieux de la suivre à moins que t’aies envie que ton cul passe au barbeuk.
- Hm je sais pas le barbecue à du bon parfois…
- Jamais tu ne t’arrêtes toi… Bon suis moi. »
Les deux acolytes rattrapèrent la gamine qui continuait de fouiner.
« Dis, tu penses nous dire un jour ce que l’on cherche que l’on puisse t’aider ? » S’agaça Styx.
Elle leurs fit signe d’approcher.
« Tout à l’heure, quand j’étais en communication avec Dany…
- Oui ?
- j’ai senti sa présence.
- Mais encore ?
- C’était presque palpable.
- Ok et tu vas te décider à faire des phrases sans t’arrêter toutes les cinq secondes.
- Non mais Zeky ce qu’elle veut nous dire c’est que si elle a ressenti tout cela aussi fort c’est qu’il ne devait pas être loin. Une petite centaine de mètres tout au plus.
- C’est exactement ça Styx, il faut le trouver avant d’être repéré par l’armée de la mort qui se trouve au delà de cette porte. Aidez-moi à le localiser, je le sens proche. Il est
dans cette zone, car quand je m’en éloigne la sensation diminue. Si seulement on pouvait se servir de nos pouvoirs psychiques que l’on se fasse repérer. »
Les cris des Lestats se faisaient de plus en plus présents. Les troupes démoniaques approchaient dangereusement. Abigor leva le bras droit en direction de l’immeuble se trouvant en face de celui où
se trouvait le trio d’infortune. Tout se mit à vaciller jusqu’à ce que le démon maître ferme son poing faisant exploser de la même façon la bâtisse voisine.
Zeky tremblait comme une feuille morte le bras en direction des ruines de ce qui était les bureaux d’une grosse multinationale. Le martellement des poings des guerriers faisaient vibrer les grandes
vitres de la façade. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’elles volent en éclats.
« Maelys, s’il te plait utilise tout ce que tu peux pour nous sortir de là, je ne pense pas que l’on ait encore beaucoup d’autres échappatoires. Si ce n’est pas toi qui t’en occupes, je le ferai !
» Supplia Styx.
L’enfant attrapa la peluche envoutée entre ses mains et la porta à hauteur de visage. Elle le fixait méchamment.
« Je ne peux plus le contacter, ni le localiser, on se ferait repérer en moins de deux. Alors maintenant tu te calmes, tu réfléchis à quelque chose de constructif. Sinon je passe cette porte et te
livre à Abigor ! ».
Elle reposa le peluche encore tremblante et repris son investigation. Alors effrayé, Styx recula et trébucha découvrant un boitier à clavier numérique. Intriguée, la petite fille poussa le démon et
dégagea ce qui semblait être une trappe. Alors qu’elle essayait de la soulever, une vitre explosa non loin du petit groupe.
« Elle est protégée par un code !
- A la bonne heure, tu as un tas de pouvoirs très puissants et c’est un malheureux code qui va te retenir.
- Mais j’vais devoir te le répéter combien de fois ? Ils sont juste à quelques mètres de nous, c’est trop risqué !
- De toute façon avec ou sans pouvoir, ils ne leur faudra pas bien longtemps avant de nous mettre la main dessus. »
Maelys jeta un coup d’œil en direction de l’entrée de l’immeuble, sembla réfléchir un instant puis, posa une main sur le boitier. Un autre carreau se brisa.
« Allez ! Mais pourquoi rien ne se passe ? Il le faut ! » grogna-t-elle.
« Ils…ils…sont là, c’est fini » bégaya Zeky quand une demi-douzaine de Lestats entrèrent dans le building.
Un bruit de loquet s’ouvrant se fit entendre. La porte protégée s’ouvrait enfin. Attrapant les deux peluches sous le bras, Maelys s’engouffra dans le petit passage. En fermant derrière elle, elle
dit : « Maintenant silence, on ne bouge plus, le mécanisme a déjà dû donner l’alerte ».
Alors qu’ils retenaient leur respiration, les Lestats s’étaient approchés de l’entrée. On pouvait même sentir leur haleine fétide. Le danger n’avait jamais été aussi grand.