Alors que je tenais encore Océane dans mes bras, tout l’abri se mit à trembler, activant le système de sécurité.
Je me tournai vers mes nouveaux compagnons, tous semblaient tétanisés. Cela devait être bien plus qu’une simple secousse sismique. Alexandra s’approcha de nous.
« Excuse moi de te déranger avec ça Océane, mais tu penses que c’est ce que nous redoutions ? » Lui demanda-t-elle la voix chevrotante.
« Je n’en sais pas plus que vous, je n’ai pas encore le don de divination ». Lui répondit-elle d’un ton sec, presque énervée.
« Je suis vraiment désolé je ne voulais pas t’embêter avec ça mais tu comprends je…
- Pardonne-moi, j’aurais pas dû te parler de la sorte. »
Alexandra s’éloigna pour rejoindre le groupe qui nous fixait, surpris par la réaction violente de ma sauveuse. Ils recueillirent la jumelle alors en larmes qui s’effondra dans les bras de
William.
Mais de quoi voulait-elle parler ? Pourquoi étaient-ils si préoccupés par un tremblement de terre après tout ce qu’il se passait à l’extérieur ? Qui était cette Maelys ?
« Pourquoi étais-tu si impatiente de me parler quand je t’ai annoncé avoir rencontré cette « Maelys » ? »
Elle se tourna vers moi, fronça les sourcils et dit : « C’est depuis son apparition il y a 50 ans que le monde s’est transformé en un véritable enfer. On ne sait presque rien d’elle, Jean raconte
qu’elle serait l’enfant interdit de l’amour d’un démon pour un ange.
- J’ai toujours cru que…
- Oui je sais, les anges n’ont pas de sexe blablabla, je ne te fais que rapporter ce que notre doyen dit. Toujours est-il que cette naissance est contre les lois célestes et
aurait donc réveiller la colère des deux empires.
- Mais pourquoi cette guerre ? Pourquoi ne pas s’être contenté de chercher la cause de cette faille ?
- Tu as déjà vu une guerre dont la cause première était absolument logique ? Les êtres humains se battent depuis la nuit des temps, « Dieu » les a fait à son image, il n’y a donc
pas de raison qu’eux aussi ne se battent pas.
- Il doit sans doute il y avoir beaucoup plus là dessous.
- Je pense comme toi, seulement dans des temps pareils, notre survie compte beaucoup plus que l’explication d’une légende.
- Tu as raison, excuse moi je cherche à comprendre ce qui m’est arrivé depuis l’incident du métro.
- TU ETAIS DANS LE METRO !? »
Alors qu’Océane me fixait maintenant avec des yeux grands ouverts, je voyais les autres survivants me regarder comme si ils venaient tous de voir une apparition divine.
Jean s’approcha alors de nous.
« Mais tu es pourtant si jeune ! Tu devrais dépasser largement la cinquantaine… tu nous racontes des conneries. Viens là Océane, ne reste pas au côté de cet intrus.
- Non Jean, je ne sais ni comment et encore moins pourquoi mais je le crois.
- C’est tous simplement impossible.
- Il l’a rencontrée… »
Le vieil homme fit un bon en arrière et s’assied sur le lit à côté du notre, semblant être pris d’étourdissements. Arthur s’approcha de lui.
« Ça va ? Comment te sens-tu ? » dit-il tout en prenant le pouls du vieillard.
« Dany a rencontré Maelys lors du flash » Alors que Jean prononçait ces paroles, tout le monde s’était approché. J’étais devenu une sorte de bête de cirque. Je leur racontais alors ce qu’il s’était
passé ce jour là, mon réveil et mon sauvetage.
« Mais je ne comprends toujours pas comment tu peux paraître si jeune et avoir connu ces évènements.
- Je t’avouerai que depuis avoir appris qu’il s’était écoulé plus d’un demi siècle entre mon acte de bon samaritain et maintenant je n’étais pas moins incrédule.
- L’as-tu revu depuis ?
- En fait oui il y a peu. Quand nous étions poursuivis par les Lestats avant d’arriver ici.
- Que s’est-il passé ? t’a-t-elle parlé ? A quoi ressemble-t-elle ?
- C’est une fillette d’à peine 8 ans des plus classiques si on omet son regard d’un bleu que je ne connaissais pas. Toujours accompagnée de deux oursons en peluche. Elle a arrêté
le temps un moment et m’a avoué m’avoir donné quelques pouvoirs. Selon elle, si je voulais faire disparaître les créatures je n’avais qu’à y penser très fort.
- Et ça à marché ?
- La première fois pas du tout, j’ai réessayé et ils s’étaient tous volatilisés.
- Une coïncidence.
- C’est ce que je pense aussi, mais je ne suis plus sûr de rien. »
Alors qu’ils étaient tous pendus à mes lèvres, l’abri se mit à trembler à nouveau. Bien plus fort cette fois-ci. Soudainement, je fus pris de fortes douleurs à la poitrine et à la tête.
« Mais que lui arrive-t-il ? Mais regarde ses yeux se révulsent !!! Fais quelque chose pour lui, Jean ! » S’inquiéta Sylvie.
Ma vue se troublait de plus en plus, les sons étaient déformés. Je sentais des mains se poser sur moi. La voix d’Océane perçait le brouhaha :
« Dany, fais pas le con ! Reste avec nous ! Réponds-moi ! ». Le son de ses larmes a été la dernière chose que je pu entendre avant qu’un nouveau éclair de lumière vienne m’éblouir.
Je n’étais pas seul. Je sentais une présence, c’était proche.
« Dany ? M’entends-tu ? Dany ? » Une voix cristalline perça le silence assourdissant qui régnait.
« Où êtes-vous ? Où suis-je ? Qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous mon prénom ? »
Rien, aucune réponse. J’arrivais à peine à distinguer mes mains. Tout était cotonneux autour de moi. La voix revint.
« Excuse-moi pour les douleurs que cette communication t’inflige. Rassure-toi, tu n’auras aucune séquelle. C’est moi, Maelys. Je vais avoir besoin de toi. La colère des enfers est à son plus
fort.
- Mais que veux-tu que j’y fasse ?
- Tu as été investit de mes pouvoirs et plus on sera, plus nos prières seront puissantes.
- Et tu crois qu’à nous deux cela va marcher ?
- Nous sommes 5. Et non je n’en suis pas certaine, mais nous n’avons plus rien à perdre.
- 5 ? Toi, moi, et ??
- Zeky et Styx les deux démons qui m’accompagnent
- Euh oui mais…
- Tais-toi Styx ! Et finalement Océane, mais elle ne le sait pas encore…
- Je suppose que je vais devoir lui dire, c’est ça ? Elle ne me croira jamais ! C’est de la folie ! Et qui es-tu au juste pour engranger tant de colère !?
- Je suis la fille de Syriel et Havena, un démon et un ange. Ma destinée est de mourir.
- Que ? Comment ?
- Plus de question…Fais tout ce que tu peux pour m’aider. Pour vous aider. »
La pureté fit place à la réalité. Océane et Jean étaient penchés sur moi.
« Il revient à lui. Comment te sens-tu ?
- Bien, je crois.
- Tu nous as foutu une sacrée trouille !
- Je m’excuse… Océane il faut que l’on parle.
- Vas-y, que veux-tu me dire ?
- En privé si possible. »