Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /Déc /2008 15:16
Ce huitième épisode  marque la fin de la première partie de Subway to hell. Le calme relatif avant la tempête. L'épisode 9 est déjà écrit mais n'arrivera pas avant mi janvier. Cela vous laissera le temps de commenter les épisodes déjà écrits, de me faire part de vos attentes, de vos questions.

Sur ce bonne lecture et bon réveillon et d'avance que 2009 vous soit bénéfique.




« Il est à présent mon protégé, celui sur qui presque tout repose. Il tient entre ses mains les derniers espoirs d’un peuple. Je crois en lui, en sa bravoure, mais est-ce que lui y croit ? S’en rend- il compte ? »

« Nous y sommes … » me dit Océane en donnant une tape dans le dos. « Fais gaffe, regarde autour de toi que l’on ne nous ai pas suivi. Suis-moi ! » me fit elle en me montrant l’entrée d’un immeuble insalubre à qui manquait une grande partie des étages du haut. Le peu que je distinguais autour n’était pas en meilleur état. La guerre, la désolation, voilà tout ce qui ressortait du décor.

Elle alluma une lampe torche et s’enfonça dans l’obscurité du rez-de-chaussée, je la suivais de près, scrutant les alentours. Elle se retourna vers moi, me fit un petit sourire et dit « Tu te sens comment ? Des étourdissements, des nausées, du mal à respirer ? ». Je ne savais que lui répondre, forçant un sourire je dis « Le physique va, le moral en a pris un sale coup ». Elle fit la moue, un clin d’œil et avança de nouveau.

Elle passa par-dessus ce qui semblait être un bureau d’accueil, il devait s’agir d’anciens bureaux d’entreprises. « Fais le tour et rejoins moi ! » susurra-t-elle. Elle était accroupie face à ce qui devait être une petite trappe. Elle entra un code, un bruit de mécanisme se fit entendre. Elle souleva la porte et s’engouffra dans un passage où luisait une faible lumière rouge « Viens et referme bien la porte derrière toi. Tu devrais entendre un bruit loquet ».

J’exécutai ses ordres et la suivi. « A partir de maintenant nous sommes en sécurité. C’était un abri anti-nucléaire avant le flash. Cela fait cinquante ans que les plus anciens y vivent. Moi j’y suis née…La vie peut-être un don cruel parfois. »

Le couloir que nous traversions devait mesurer pas loin de 400 mètres. Au bout, une forte lumière orange éclairait une porte de sas. Elle entra un nouveau code sur le clavier qui pendait à droite de l’entrée. « C’est un miracle que ce truc fonctionne toujours ! Je n’ose même pas imaginer le jour où cette porte refusera de s’ouvrir » s’énerva Océane.

La porte en s’ouvrant fit apparaître une grande pièce éclairée par des néons, ç’en était presque aveuglant.  « Ça fait mal au début, mais tu t’y feras » me dit-elle en rigolant me voyant cacher mes yeux par mon avant bras. Une fois la vue recouvrée, je vis 5 autres personnes qui se tenaient debout en cercle autour d’un sixième individu. Un homme était accroupi aux côtés d’un corps gisant couvert de sang qui lui tenait le bras d’une main où il manquait 2 doigts.

Alors que je me tenais un peu à l’écart, Océane accouru, apeurée, auprès du groupe. Elle fut très vite arrêtée par un homme noir mesurant facilement deux mètres. Elle se débattait, voulant rejoindre le blessé. Le géant la laissa s’approcher et elle tomba à genoux en fondant en larmes.

« Qu’est ce qu’ils t’ont fait ?! QU’EST-CE QU’ILS T’ONT FAIT !!! » Hurla-t-elle dans ses sanglots.  « Réponds-moi papa ! Ne m’abandonne pas ! Réponds ! ».

Je ne savais que faire, des regards s’étaient tournés vers moi furtivement. Le plus grand m’avait dévisagé, comme inquiet. A quoi m’attendais-je ? Je suis un intrus en temps de guerre. Je suis un suspect parmi tant d’autres. Océane pleurait de plus en plus, elle tremblait, son père lui parlait mais je n’entendais qu’un bourdonnement saccadé. Je compris qu’il venait de rendre l’âme lorsque la main qui s’agrippait lâcha prise. Le groupe se resserra autour de l’orpheline. Je pus alors voir le visage du cadavre recouvert de sang, la chair visible, ce regard qui me fixait et que je ne pouvais éviter malgré l’horreur qui me prenait aux tripes.

 Je voyais le géant au crâne rasé me désigner de sa main qui devait être plus grande que mon visage. Océane lui répondait en me regardant, le visage défait. Elle me fit signe de m’approcher.

« Lui c’est Dany je l’ai récupéré dans l’hôpital du centre. Il semble venir d’ailleurs ou être complètement amnésique tellement il à l’air de ne pas savoir ce qui s’est passé depuis plus d’un demi-siècle. Quand j’l’ai rencontré il n’avait jamais été injecté, ce qui est inconcevable vu que si on le regarde bien il a dû  naître bien après le flash. Il est bizarre, pas dangereux, mais bizarre. »

Ils me dévisagèrent tous. Effrayé je fis de même. Il y avait donc ce colosse, qui devait avoir plus de 50 ans, des jumelles au teint pâle et au cheveux noir corbeau qui devaient être à peine plus âgées qu’Océane, un homme plutôt petit dans la quarantaine, de petites lunettes carrées, les cheveux courts poivre et sel.  Et puis il y avait ce vieillard un peu effacé, les cheveux blancs qui faisaient ressortir son regard bleu très clair.

« Je vous laisse, je n’ai pas la force pour faire les présentations, je suis désolée ». Le grand l’accompagna vers une couche un peu plus loin. L’homme grisonnant s’essuya vaguement les mains et me tendit la droite. « Moi c’est Arthur, je suis ce qui peut s’apparenter à un médecin ici. Les jumelles à ma gauche c’est Alexandra et Sylvie qui, tout comme Océane, sont nées ici. Depuis la mort de leurs parents nous les avons élevées du mieux que nous pouvions, comme nous l’avons fait pour Océane. Il y a notre doyen, Jean qui est le seul ici à avoir connu le monde avant les évènements de 2015… »

Il n’était plus seul, et il le sentait. Son regard me transperçait comme si il cherchait en moi une insondable vérité, quelque chose pour me faire tomber.

« … et celui qui est parti avec notre ange c’est William, il a été trouvé dans les ruines de la banque où travaillait Jean alors qu’il était encore un bébé. On peut dire que c’est devenu une force de la nature avec le temps. Et toi qui es tu ? D’où viens-tu ? »

J’étais pris au piège. Dire la vérité et ne pas être pris au sérieux ? Ou mentir et risquer que tout se sache et se retourne contre moi? Leur parler de Maelys pour leur expliquer ? J’risque d’être pris pour un dingue.

Je voyais Océane pleurer au loin. Elle m’a sauvé, le moins que je puisse faire c’est lui apporter mon soutien. Je décidai de leur cacher la vérité pour le moment, ou en tout cas ne pas trop leur en révéler.

« Moi c’est Dany, je ne me souviens de presque rien. Océane m’a sauvé de l’attaque d’un Lestat et me voilà. Je ne sais pas où je suis, je ne sais pas ce qui c’est passé il y a cinquante ans. Je…je ne sais rien. »

Je voyais bien que le vieil homme ne croyait pas mes paroles. Les autres étaient surtout déçus de ma réponse. Je me levai et me dirigeai vers ma sauveuse. William me regardait bizarrement.

« Je peux ? » lui demandai-je hésitant. Il murmura deux mots à l’oreille de l’orpheline, se leva et rejoignit le groupe sans même me regarder.

Je m’assis à ses côtés, posa la main sur son épaule gauche. Elle me regarda les yeux rouges d’avoir pleuré et s’effondra dans mes bras. Perdre ceux que l’on aime est un sentiment qui me parlait, surtout en ce moment. Je regrettais surtout de ne pas avoir eu la chance de leur parler une toute dernière fois. Je la serrai un peu plus fort contre moi en me demandant jusqu’à quand pourrions nous survivre dans ce monde en complète agonie.

Par Siryakko - Publié dans : Subway to hell Saison 1
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